Assureurs et prévention de l’usure professionnelle : de nouvelles pistes étudiées

Usure professionnelle

La question de l’usure professionnelle, et plus globalement celle de la mauvaise santé au travail, occupent actuellement de nombreuses discussions. La troisième réunion du club Prévoyance au sein du think-tank Cercle LAB, le 3 juin dernier, y a été spécifiquement dédiée. La thématique entraîne également un nouveau cycle de réunions cet été au sein de la fonction publique.

Qu’est-ce que l’usure professionnelle ?

Marion Gilles, sociologue auprès de l’ANACT (agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), décrit l’usure professionnelle comme « l’exposition répétée à des niveaux de contrainte élevés » dans l’environnement de travail, que ces contraintes soient de nature physique ou psychique. Elle se caractérise par une dégradation progressive de la santé du travailleur qui peut l’amener à une perte de performance, à une diminution de sa motivation voire in fine à une incapacité complète d’assurer son activité.

Les formes les plus connues d’usure professionnelle incluent l’apparition des fameux troubles musculo-squelettiques (TMS) chez de nombreux travailleurs manuels, mais aussi chez les employés de bureau. Il existe cependant tous types de pathologies directement liées à l’exercice de l’activité professionnelle.

Le constat d’une usure grandissante des salariés

Le club Prévention du Cercle LAB, réuni le 3 juin 2020 par visioconférence, identifie plusieurs signaux qui dénotent une aggravation de l’usure professionnelle au sein de la population active depuis plusieurs années, dont une augmentation de l’absentéisme médical dans les entreprises ou encore les difficultés de recrutement dans certains secteurs pénibles.

Les causes du phénomène sont variées et incluent :

  • l’augmentation de la part des travailleurs de plus de 55 ans dans la population active ;
  • l’allongement de la durée de la vie professionnelle avant la retraite ;
  • l’arrivée plus tardive sur le marché du travail des jeunes recrues ;
  • le suivi médical plus rigoureux des maladies chroniques ;
  • la multiplication des horaires de nuit ou des régimes de travail décalés.

Vers une plus grande implication des assureurs ?

La prévention de l’usure professionnelle relève bien sûr en premier lieu de l’entreprise et de l’employeur lui-même.Il appartient à ce dernier, en liaison avec la médecine de prévention, de détecter les situations problématiques et d’envisager les modifications nécessaires aux conditions de travail pour améliorer le bien-être des salariés.

Au-delà, des programmes de prévention sont déjà proposés par les grands assureurs et les organismes complémentaires, en collaboration notamment avec l’ANACT. De nombreux contrats collectifs prévoyance au niveau des entreprises et des branches professionnelles permettent ainsi d’organiser des actions de sensibilisation au plus près des salariés. La tendance devrait connaître un fort développement dans les années à venir, notamment dans le cadre de la prise en charge du cinquième risque « dépendance » par les assureurs d’ici 2024.

Un nouveau plan santé au travail pour 2021 ?

De nouvelles propositions fortes pourraient être annoncées en faveur de la lutte contre l’usure professionnelle d’ici la fin de l’année. Le 3ème plan santé au travail (PST3), dont l’application s’étalait sur la période 2016-2020, arrive en effet à échéance et laisse donc entrevoir un nouveau train de mesures.

Ces dernières font déjà l’objet de discussions parmi les partenaires sociaux du secteur privé et au sein de la fonction publique, sous la supervision de la direction générale des affaires sociales. Un cycle de 7 réunions, qui débute au mois de juillet, pourrait s’achever dès le mois de décembre 2020 par la rédaction d’un nouveau plan ou d’un document-cadre. Les attentes des pouvoirs publics vis-à-vis des assureurs pourraient y faire l’objet d’une première formalisation.

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À propos de l'auteur :

Christophe TRIQUET exerce depuis près de 20 ans dans le secteur des assurances. Après une première expérience à la fin de ses études chez AXA Belgium en tant qu’analyste Risk Management, il devient en 2002 consultant au sein du cabinet de conseil Watson Wyatt (désormais Gras Savoye Willis Towers Watson, du groupe AON), dans la practice Benefits, direction dédiée à la stratégie, au conseil et à la gestion des avantages sociaux de grandes entreprises cotées (...) Lire la suite