Cotisations santé et prévoyance : quelle évolution après le Covid-19 ?

Cotisations santé prévoyance après-COVID

Comment vont évoluer les cotisations des contrats collectifs d’assurance santé et prévoyance à l’horizon 2021 ? Les premiers enseignements de la crise du Covid-19 peuvent être tirés, et ils ne sont pas entièrement rassurants pour les employeurs.

Le baromètre du courtier GEREP, s’il pointe une chute franche de la consommation médicale pendant le confinement, souligne dans le même temps une explosion des prestations de prévoyance, couplée à une diminution prévisible du nombre d’entreprises solvables en raison de la crise économique. Autant de facteurs qui pourraient vite mettre les assureurs en difficulté et les pousser à augmenter le montant des cotisations.

Une baisse spectaculaire de la consommation médicale

Réalisé à partir d’un panel de 60 000 bénéficiaires au sein de son portefeuille client, le baromètre GEREP a été tenu sans interruption depuis le mois de janvier et contient ainsi des informations précieuses concernant le marché de l’assurance santé et prévoyance pendant la crise du coronavirus.

Les prestations en santé ont connu une chute très prononcée de -70% pendant le confinement : un paradoxe en apparence seulement, dû au fait que tous les soins non essentiels ont été reportés par les professionnels de santé et – surtout – que la plupart des Français ont préféré fuir hôpitaux et cabinets médicaux par crainte d’une contamination. La tendance est particulièrement perceptible pour l’optique (-92,40%) et le dentaire (-93%), deux secteurs qui n’ont traité que les urgences absolues pendant le confinement.

Depuis le 11 mai, les patients reprennent timidement leurs parcours de soins. La consommation médicale reste inférieure de 6,30% à ce qu’elle était pendant la même période en 2019.

Une forte hausse des prestations en prévoyance

Si l’équilibre des complémentaires santé aura donc été relativement épargné pendant la crise, il est difficile d’en dire autant concernant les contrats d’assurance prévoyance. Le baromètre GEREP pointe ainsi une augmentation nette des arrêts de travail de 50% au mois de mars, et de 100% au mois d’avril. Il s’agit toutefois d’un épiphénomène, puisque le taux d’arrêt au sein de l’échantillon est revenu à un niveau normal « pré-confinement » dès le mois de mai.

Vers une dégradation du bilan des assureurs ?

Selon le courtier, le principal risque identifié dans les mois à venir est celui d’un effet ciseau entre, d’une part, des dépenses de soins qui pourraient repartir en flèche, et d’autre part une perte sèche des cotisations versées aux assureurs en raison de la crise économique.

Il est encore difficile d’estimer précisément le volume de consommation de soins pour les mois à venir, et qui va inclure une part incompressible de dépenses médicales reportées pendant le confinement. Le recours massif à l’activité partielle, en revanche, a entraîné mécaniquement une baisse des cotisations versées aux assureurs, avec un manque à gagner que le président de GEREP Damien Vieillard-Baron estime déjà à 300 millions d’euros en prévoyance et 99 millions d’euros en santé.

Cette diminution des rentrées financières survient dans le contexte de la loi du 17 juin 2020 relative à la crise sanitaire, qui impose aux assureurs le maintien intégral des garanties santé et prévoyance des salariés en chômage partiel, et accorde en outre des facilités de paiement aux employeurs en difficulté jusqu’à la fin de l’année.

S’il est encore trop tôt pour confirmer la tendance, les entreprises doivent néanmoins anticiper une hausse probable des cotisations des contrats collectifs santé et prévoyance dès la prochaine date de reconduction. Les assureurs, de fait, sont confrontés simultanément à une diminution de leurs recettes prévisionnelles et à une hausse des prestations à verser, ce qui va les mettre en difficulté.

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À propos de l'auteur :

Christophe TRIQUET exerce depuis près de 20 ans dans le secteur des assurances. Après une première expérience à la fin de ses études chez AXA Belgium en tant qu’analyste Risk Management, il devient en 2002 consultant au sein du cabinet de conseil Watson Wyatt (désormais Gras Savoye Willis Towers Watson, du groupe AON), dans la practice Benefits, direction dédiée à la stratégie, au conseil et à la gestion des avantages sociaux de grandes entreprises cotées (...) Lire la suite