Crise sanitaire : les arrêts maladie de longue durée en forte hausse

Des salariés moins engagés, au moral en berne et plus longtemps malades… Le tableau dressé par le dernier baromètre « Absentéisme médical » de Malakoff Humanis, publié le 16 novembre 2020, est pour le moins préoccupant. L’étude annuelle, qui prend le pouls du monde professionnel, pointe en particulier une nette dégradation des arrêts maladie de longue durée et donne toutes les raisons de douter d’une embellie à court terme.

Hausse des arrêts maladie longue durée

Une augmentation des arrêts maladie de longue durée

Mauvaise nouvelle pour les assureurs spécialisés en collective : les arrêts maladie d’une durée supérieure à 30 jours continuent à progresser. Ils représentent en 2020 environ 12 % des arrêts de travail, soit 3 points de plus qu’en 2019. Le phénomène n’est pas sans incidence sur la bonne marche des entreprises puisque la durée moyenne de ces arrêts longs atteint tout de même 94 jours, soit trois mois.

Paradoxalement, le nombre global d’arrêts maladie est quant à lui orienté à la baisse. Seuls 36 % des salariés ont en effet dû interrompre au moins une fois leur activité pour raison médicale entre octobre 2019 et septembre 2020. Par comparaison, ils étaient 44 % entre octobre 2018 et septembre 2019.

Des salariés malades moins souvent, mais plus longtemps ? Une conclusion qu’il serait bien peu prudent de formuler. Rappelons en effet que le contexte de la crise sanitaire explique très largement cette diminution du nombre total des arrêts : outre le recours au télétravail et au chômage partiel, les chiffres de Malakoff Humanis ne prennent notamment pas en compte les arrêts dérogatoires pour garde d’enfant ou pour les salariés présentant une vulnérabilité particulière face à la Covid-19.

Des employeurs majoritairement concernés et inquiets

L’absentéisme médical touche toutes les entreprises, sans distinction, au point que plus de 50 % des employeurs admettent se sentir préoccupés par le problème. 60% des entreprises ont compté au moins un salarié en arrêt long au cours des douze derniers mois. Si l’on ne s’intéresse qu’aux entreprises de plus de 50 salariés, la proportion grimpe évidemment en flèche et atteint 83%.

52% des employeurs interrogés estiment que cet absentéisme de longue durée engendre des problèmes d’organisation au sein de l’entreprise. Un tiers d’entre eux environ vont même jusqu’à anticiper que la dégradation va se poursuivre dans les deux prochaines années, pointant la fragilisation de l’état psychologique de certains salariés, leur vieillissement ou tout simplement une baisse perceptible de leur niveau d’engagement.

Quelles perspectives pour l’absentéisme médical en 2021 ?

Le baromètre partage largement le pronostic assez pessimiste des chefs d’entreprise pour la période à venir, et ce pour deux raisons principales :

  • Un report des soins de certaines maladies graves pendant le confinement. Les arrêts pour maladie grave ou chronique sont passés de 20 % à 11 % en douze mois, ce qui n’est pas une tendance normale et laisse présager un rebond.
  • Une augmentation des risques psycho-sociaux. La proportion des arrêts pour troubles psychologiques est ainsi passé de 4 % en début d’année à 18 % après le déconfinement, hors ce type de pathologie engendre bien souvent des arrêts de longue durée.