Prévoyance et travailleurs non salariés : perspectives d’après-Covid

Prévoyance TNS post-covid

Arrêt de travail, accident grave, invalidité… En majorité, les travailleurs non salariés (TNS) ne peuvent compter actuellement que sur des garanties faibles ou inexistantes en matière de prévoyance. Ces professionnels indépendants forment pourtant une cohorte imposante, estimée par l’Insee en 2018 à 3,1 millions de travailleurs (+25% depuis 2003).

Du point de vue des assureurs et institutions de prévoyance, ce marché offre donc des perspectives de croissance très intéressantes… a fortiori depuis la prise de conscience engendrée par la crise du Covid-19.

Prévoyance : un déficit global de protection pour les indépendants

Qu’ils soient artisans, commerçants ou même auto-entrepreneurs, la protection sociale des travailleurs non salariés laisse globalement à désirer. Si la couverture santé de base et complémentaire est généralement d’un niveau acceptable, la situation n’est pas la même en matière de prévoyance. Selon le groupe Valmen, il est ainsi estimé que 25% des TNS n’ont aucune couverture prévoyance. Jusqu’à 6 travailleurs indépendants sur 10, par ailleurs, ne pourraient compter sur aucune garantie décès au bénéfice de leur famille si le pire venait à arriver.

Le niveau d’information de ces professionnels est à l’image de leur niveau de couverture. Une enquête CSA Research/MetLife de juillet 2019 révèle ainsi que, parmi les travailleurs assurés, 50% s’imaginent à tort être bien couverts en cas de décès. À peine 17% des TNS assurés, par ailleurs, ont une idée précise de la rente qu’ils pourraient toucher en cas d’invalidité permanente.

Des perspectives de croissance encourageantes

La prévoyance des travailleurs indépendants est un marché encore balbutiant. Selon une estimation du groupe Valmen :

  • Les travailleurs non salariés constituent une clientèle particulièrement fidèle, avec un faible taux de résiliation se situant autour de 5 % par an, soit une durée moyenne en portefeuille de 20 ans pour un assuré.
  • Le faible taux d’équipement de cette population, notamment en matière de garantie décès / invalidité, offre une réelle opportunité pour se positionner sur le marché.
  • Un faible taux de sinistre caractérise la catégorie des travailleurs indépendants, souvent peu enclins aux arrêts maladie et à l’interruption de leur activité, potentiellement très préjudiciables.

Au vu de l’ensemble de ces caractéristiques, les garanties prévoyance des travailleurs non salariés s’avèrent donc particulièrement rentables et en font un marché attractif pour les assureurs.

Covid-19 : quel impact sur la prévoyance des travailleurs non salariés ?

Sans surprise, la crise inédite vécue à l’occasion de la pandémie mondiale du coronavirus devrait confirmer le regain d’intérêt des travailleurs indépendants pour les contrats prévoyance. Ces professionnels, en effet, comptent parmi les plus durement touchés par les mesures de confinement, avec une interruption brutale d’activité qui n’a pas pu être compensée par des mesures de chômage partiel ou d’autres formes d’aide.

Cette situation susceptible de se renouveler à l’avenir pourrait générer un appel d’air auprès des assureurs et institutions de prévoyance dans les prochains mois.

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À propos de l'auteur :

Christophe TRIQUET exerce depuis près de 20 ans dans le secteur des assurances. Après une première expérience à la fin de ses études chez AXA Belgium en tant qu’analyste Risk Management, il devient en 2002 consultant au sein du cabinet de conseil Watson Wyatt (désormais Gras Savoye Willis Towers Watson, du groupe AON), dans la practice Benefits, direction dédiée à la stratégie, au conseil et à la gestion des avantages sociaux de grandes entreprises cotées (...) Lire la suite