Tarifs 2021 de l’assurance collective : quelle augmentation ?

Après une année 2020 pour le moins atypique par de nombreux aspects, quelle sera la politique tarifaire des grands assureurs l'année prochaine ?

Augmentation tarifs prévoyance 2021

Si assez peu de professionnels du secteur ont encore accepté de lever le voile sur leurs prochaines revalorisations, il est permis d’anticiper une facture assez salée pour les adhérents, tout particulièrement en collective. La taxe Covid, l’explosion du coût de la portabilité et d’autres imprévus auront eu sans doute raison de l’équilibre budgétaire de nombreux contrats.

Pour autant, plusieurs assureurs se disent déjà prêts à absorber une bonne partie de ces coûts avec une répercussion modérée sur leurs tarifs.

Dès le mois de janvier, les mutuelles d’entreprise vont coûter plus cher aux employeurs et aux salariés. La traditionnelle revalorisation annuelle des contrats d’assurance collective, en effet, devrait être plutôt supérieure à la moyenne pour 2021, sans pour autant atteindre des sommets.

Quels tarifs 2021 pour l’assurance collective santé et prévoyance ?

La plupart des assureurs spécialisés se montrent pour l’instant très discrets sur leurs intentions, mais certains ont déjà accepté de dévoiler leurs futures grilles suite à une sollicitation de L’Argus de l’Assurance. Parmi ces assureurs jouant le jeu de la transparence, on peut citer Apicil qui table sur une augmentation de +4% en santé collective et de +4,5% en prévoyance.

Du côté d’AXA France, les employeurs ou les branches professionnelles doivent s’attendre à une revalorisation de +4,8% en santé collective. L’assureur, en contrepartie, s’engage à une stabilité des tarifs de la prévoyance sauf cas particuliers.

La Mutuelle Générale, enfin, se montre la plus modérée à l’heure actuelle avec une augmentation de +2,5% en santé collective, hors certains contrats proposant une couverture sur mesure.

Des hausses tarifaires en lien avec la crise sanitaire

Les employeurs et les branches professionnelles peuvent donc anticiper, dans la majorité des cas, une hausse significative de leurs primes d’assurance collective. Son montant sera variable mais souvent proche de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) pour 2021, fixé à +4,1%.

Les assureurs ne manquent évidemment pas d’arguments pour justifier cette revalorisation assez forte :

  • La contribution exceptionnelle des assureurs dans le cadre de la crise sanitaire, dite « taxe Covid », va toucher l’ensemble du secteur et s’élève à 2,6% des cotisations perçues en 2020 (puis 1,3% en 2021). Elle est censée « compenser » les économies réalisées par les mutuelles et complémentaires santé lors du premier confinement, qui s’était traduit par une baisse drastique des dépenses de santé.
  • La portabilité des contrats prévoyance pendant douze mois en cas de cessation du contrat de travaily compris si l’entreprise entre en liquidation judiciaire – devrait coûter très cher aux assureurs en 2021 si la crise économique confirme son ampleur. Le chiffre vertigineux d’un milliard d’euros a déjà été avancé par la profession.

Il faut par ailleurs rappeler que ces mauvaises nouvelles pour les assureurs en collective interviennent dans un contexte déjà dégradé, caractérisé par une augmentation tendancielle des arrêts de travail et plus globalement par une augmentation du montant des prestations versées.

Un écart constaté avec la situation des contrats individuels

Sans surprise, les assureurs semblent plus enclins à faire payer les entreprises que les particuliers pour rentrer dans leurs frais. Ainsi plusieurs assureurs en individuelle ont déjà annoncé vouloir absorber au maximum le choc tarifaire de 2021 sur leurs fonds propres, afin de rendre la transition indolore pour leurs adhérents. C’est le cas d’Intériale, qui précise n’envisager aucune augmentation pour 2021, et de la Macif qui indique poursuivre une trajectoire très modérée de +0,4% d’augmentation annuelle sur cinq ans.