Le top 20 de la mutuelle collective

Classement mutuelle collective

Comme chaque année, L’Argus de l’Assurance a publié à la fin du mois de septembre son top 30 des courtiers en assurance de personnes collective : l’occasion de déterminer, au cours de l’année écoulée, les modifications des rapports de force et du succès commercial de chaque groupe majeur sur le marché de la mutuelle collective santé et de la prévoyance.

Basée sur les déclarations de chaque acteur et leur réponse à un questionnaire, l’étude examine notamment l’évolution du chiffre d’affaires réalisé.

2019 : une année de croissance et de relative stabilité

Du côté de la complémentaire santé en collective, 2019 pourrait apparaître a posteriori comme une période de calme et de prospérité avant les bouleversements induits par la crise sanitaire du coronavirus. La croissance de 5,2% enregistrée par les courtiers sur les douze mois se situe en effet dans la bonne moyenne des années précédentes, et confirme que la montée en gamme des mutuelles d’entreprise se poursuit à bon rythme.

Par exception, l’actualité législative et réglementaire s’est montrée relativement clémente à l’égard des mutuelles collectives en 2019, ce qui a contribué à la stabilité des résultats. La préparation de la réforme du remboursement à 100 % des soins d’optique et des prothèses dentaires et auditives, applicable au 1er janvier 2020, n’a visiblement pas causé de remous importants dans le secteur.

Top 20 mutuelle collective

Du nouveau dans le top 10 de la mutuelle collective

Le leader du marché reste inchangé en 2019 : Siaci Saint-Honoré, avec un chiffre d’affaires santé de 227 millions d’euros, maintient un écart considérable avec le second du classement, le groupe Henner et ses 88 millions d’euros.

La troisième place du podium, si elle est attribuée en pratique à Verspieren (59,3 millions d’euros), devrait normalement revenir à Gras Savoye Willis Towers Watson (GSWTW), qui n’apparaît pas dans le tableau à défaut d’avoir communiqué une ventilation de son chiffre d’affaires entre santé et prévoyance. GSWTW, par ailleurs, est appelé à consolider son statut dominant en 2020 et à atteindre la deuxième place du fait de sa fusion récente avec Aon France.

Les courtiers Génération et April, avec un chiffre d’affaires en mutuelle collective qui s’élève respectivement à 54 et 49 millions d’euros, occupent la quatrième et la cinquième place.

A noter l’installation d’Entoria, par ailleurs leader de la prévoyance collective, à une confortable sixième place concernant la santé. Rappelons que ce groupe est né en 2018 du rapprochement de Ciprés  et Axelliance, et confirme donc son statut de nouveau poids-lourd sur le marché.

Les quatre dernières places du top 10 sont occupées, dans l’ordre, par Verlingue (39,6 millions), Colonna (35,7 millions), Diot (18,8 millions) et Roederer (17,8 millions).

Des perspectives de croissance plus mitigées pour 2020

Les professionnels du secteur ne cachent pas leurs inquiétudes concernant l’évolution de leurs résultats en 2020. Outre l’impact direct et évident de la crise sanitaire liée au Covid-19 sur les remboursements de soins, le directeur général adjoint d’Entoria Richard Locatelli pointe deux défis majeurs pour l’exercice en cours.

  • La résiliation infra-annuelle des contrats santé en collective, prévue par la loi n° 2019-733 du 14 juillet 2019, devrait entrer en vigueur au 1er décembre 2020. Cette nouvelle faculté offerte aux employeurs devrait augmenter la volatilité du marché et pourrait avoir selon Richard Locatelli des effets pervers, comme une augmentation des fraudes au tiers-payant et une augmentation du coût des contrats.
  • La taxe exceptionnelle Covid va prochainement s’imputer sur le chiffre d’affaires des professionnels de la santé collective, à hauteur de 2,6% pour l’exercice 2020 puis de 1,3% pour l’exercice 2021. Le report partiel ou total de cette charge supplémentaire sur les entreprises adhérentes est évidemment à craindre.

Ces difficultés, associées aux tensions croissantes sur le marché de la prévoyance collective du fait de l’explosion prévisible du coût de la portabilité des droits, pourraient entraîner des modifications profondes et brutales dans le classement de L’Argus de l’Assurance de l’année prochaine.

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