Une hausse annoncée des cotisations de prévoyance collective en 2021

Hausse des prix cotisations prévoyance et santé 2021

La reconduction des contrats collectifs santé et prévoyance pourrait apporter son lot de mauvaises surprises aux entreprises françaises, déjà bien malmenées par la crise sanitaire du coronavirus. Les premières estimations laissent en effet présager une augmentation substantielle des tarifs exigés par les assureurs pour assurer la couverture des salariés dès 2021, pour des raisons qui tiennent à la fois à la dégradation du contexte économique et social et à la perspective d’une nouvelle taxe exceptionnelle prélevée par l’État.

Santé et prévoyance : une hausse prévisible des cotisations

Si l’on en croit une information publiée dans Les Échos le 23 juillet dernier, les perspectives s’annoncent peu réjouissantes concernant l’évolution tarifaire des contrats collectifs santé et prévoyance. Le quotidien de référence cite lui-même le cabinet Verlingue, courtier en assurance des entreprises, qui pronostique une hausse moyenne de 3% des mutuelles d’entreprises.

Les contrats de prévoyance, quant à eux, pourraient subir une facture encore plus salée, avec une hausse estimée de 5 à 7% en fonction de l’assureur et du niveau de protection proposé.

Cette tendance arrive à la plus mauvaise période pour un grand nombre d’entreprises, qui font souvent face à des difficultés de trésorerie après une période plus ou moins longue d’activité réduite ou interrompue pendant le confinement. Rappelons que la loi du 17 juin 2020 relative à la crise sanitaire accorde de droit aux employeurs des délais et facilités de paiement pour leurs cotisations santé et prévoyance jusqu’au 31 décembre, tandis qu’une hausse des cotisations pourrait contrebalancer cet apport d’oxygène.

Pourquoi cette augmentation des tarifs ?

Les premiers effets de la crise sanitaire du Covid-19 n’ont pas été uniformément négatifs pour les assureurs et les institutions de prévoyance. Le confinement des assurés à domicile, de même que l’arrêt quasi complet des soins autres que ceux dédiés au coronavirus, ont au contraire généré pour eux des économies substantielles, estimées à 2,6 milliards d’euros.

Cet effet d’aubaine n’a cependant été que très temporaire et un certain rattrapage des dépenses de soins s’observe déjà selon les assureurs, avec notamment une consommation inhabituellement élevée des soins dentaires, une explosion des analyses biologiques et l’aggravation inéluctable de certaines pathologies n’ayant pas reçu les soins adéquats pendant plusieurs mois.

Du côté des contrats de prévoyance, principalement dédiés à la couverture des accidents de la vie, la forte hausse du chômage et l’augmentation prévisible des impayés d’entreprises annoncent logiquement une révision des tarifs à la hausse. Au bilan, l’impact de la crise du coronavirus pourrait s’élever à « plusieurs dizaines ou centaines de millions d’euros » sur le résultat d’un groupe comme Malakoff Humanis, selon son directeur général Thomas Saunier.

Ultime source d’incertitude : la volonté réaffirmée du gouvernement de créer une taxe exceptionnelle pour prélever une partie des économies enregistrées par les assureurs et les mutuelles pendant la crise, et compenser ainsi le déficit record de l’assurance maladie, déjà estimé à 31 milliards d’euros pour l’année 2020. Si les modalités exactes n’en sont pas encore connues, cette taxe devrait se répartir en deux prélèvements, avec un premier versement en décembre 2020 et un deuxième qui n’interviendrait pas avant fin 2021.

Dans tous les cas, les assureurs ont déjà annoncé leur intention de répercuter le coût de cette taxe sur les tarifs de leurs contrats.

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À propos de l'auteur :

Christophe TRIQUET exerce depuis près de 20 ans dans le secteur des assurances. Après une première expérience à la fin de ses études chez AXA Belgium en tant qu’analyste Risk Management, il devient en 2002 consultant au sein du cabinet de conseil Watson Wyatt (désormais Gras Savoye Willis Towers Watson, du groupe AON), dans la practice Benefits, direction dédiée à la stratégie, au conseil et à la gestion des avantages sociaux de grandes entreprises cotées (...) Lire la suite